C.I.E.U.

Collectif d’Intervention sur l’Espace Urbain

Les fondements conceptuels :

Une société uniforme à l'excès, la notre, c'est le constat initiant les réflexions et actions du C.I.E.U. Les individus y évoluent de manière "lourdement" similaire. Chacun effectue des choix qui lui sont propres, mais ceux-ci sont présélectionnés par son conditionnement social et le système de pensée qu’on lui propose ou impose. La prise d’initiative est tellement normalisée qu'elle en devient illusoire. La société est hermétique et figée, les individus ne la façonnent plus mais en profitent, s’en contentent ou la subissent. Ils s’interdisent toute initiative réelle. L’image actuelle de la réussite étant directement liée à l’intégration sociale, les choix passent par un formatage de la personnalité et un enfouissement de l'originalité.
La planification du quotidien est prévue et adaptée pour des personnes types. Les systèmes politiques, médiatiques et sociaux délivrent cette même vision des choses si bien qu’il reste relativement peu d’alternatives à chacun (après une éventuelle prise de conscience de sa condition) pour s’affirmer véritablement.

Le problème n’a pas pour cause la nature même des individus mais provient de l'environnement qui les façonnent et occulte ce qui fait d’eux des êtres à part entière. Il suffit d’une incitation, d'un déclic, pour retrouver une liberté d’actes et de pensée.
Le succès des événements organisés par le photographe Spencer Tunick s’explique ainsi et le prouve. L'environnement quotidien est tellement routinier qu’un véritable malaise s'est installé en profondeur, qui incite l’individu à retrouver ses particularités et une liberté dans ses démarches.

C.I.E.U. entend agir, à son niveau, comme un de ces déclics, en créant de l’insolite par des interventions / installations en milieu urbain. Il s’agit de remettre en question le statut monotone qui caractérise la société contemporaine ; tout n’est pas établi et réglé, les choses peuvent être autrement si l’on a la volonté de les changer. Il devient capital, pour l'épanouissement de l’individu, de contrer l’endormissement intellectuel qui se développe par une ré-appropriation de notre environnement. Les populations ne doivent pas subir le monde mais le régir.

Les fondements internes :

C.I.E.U. est un collectif qui se propage en milieu urbain mais dont les prémisses se situent sur ce site internet. A ce titre, ce qui ne figure pas dans ces pages "n’appartient" pas à C.I.E.U.
Pour faire partie du collectif, il faut partager ses concepts et actions, être en accord avec ses fondements globaux, proposer ou mettre en oeuvre des interventions insolites en milieu urbain sans dégradations durables ni gratuites, et, surtout, de manière anonyme. Un message / concept secondaire est évidemment le bienvenu.
Les interventions devront être photographiées et accompagnées d’un texte explicatif (bref ou développé) de la démarche, puis envoyées à l’adresse cieu.contact@gmail.com.
Le statut anonyme est capital dans la mesure où C.I.E.U. trouve sa légitimité dans la propagation d’un message et non dans une quelconque reconnaissance personnelle. Avant d’être un regroupement de personnes, C.I.E.U. est un collectif d’idées. De cette manière, les interventions réalisées pour C.I.E.U. "appartiennent" à C.I.E.U., c’est-à-dire, à personne et à tout le monde à la fois; il s'agit d'une idée, comme toute idée, elle n'a d'intérêt que si elle est partagée et propagée.
L’adresse du site, si elle ne nuit pas à l'intervention, pourra apparaître sur les lieux de cette dernière, dans l'espace urbain. L’inscription cieu.blogspot.com permettrait de faire connaître le site à des personnes interpellées par les actions et pourrait éventuellement les inciter à rejoindre le collectif. Elle présente également l’avantage de donner accès aux démarches qui ont conduit aux divers projets pour que ceux-ci ne soient pas assimilés à des actes gratuits.

lundi 23 juillet 2007

intervention 1

- vosges - brochures publicitaires dans une cabine téléphonique -

Il s’agissait de confronter 2 systèmes de communication, et de montrer le parasitage de l’un par l’autre. D’abord une communication directe (évoquée par la cabine téléphonique), c’est-à-dire un dialogue, un échange où l’individu a un rôle qui lui est propre, il est actif. Ce premier système s’oppose au second, à savoir la communication visuelle ( panneaux / spots / brochures publicitaires, télévision,...). Celle-ci se développe de manière excessive et recouvre la première jusqu’à quasiment la neutraliser. C’est une communication où la personne est généralement totalement passive, elle a pour seule possibilité, celle de capter un message.
L’idée était donc de matérialiser et figurer exagérément ce constat de manière à révéler son illégitimité. Il n’est en effet pas normal, dans une société prêchant l’intégration sociale comme une valeur fondamentale, de céder autant de place à des systèmes de communications qui ne sont qu’illusoires, car non-interactifs. Une communication « à sens unique » se substitue au dialogue réel, si bien qu’il reste à l’individu la capacité d’absorber un message, mais il perd celle d’en délivrer un.

Il est important de prendre conscience de ce phénomène pour éventuellement pouvoir le contourner, c’est ce constat que tente de révéler l’installation.